PDN21 - Les métiers de la création et du design

#métier #designer #PrintempsDuNumérique

Analysons l’interface de la plateforme Salto © XPS

04/07/2021

5 min de lecture

Il est important d’évangéliser sur le métier de l’UX design, voilà pourquoi je tiens en partie ce blog. Mais j’ai eu aussi la chance d’expliquer mon métier lors du Printemps Du Numérique 2021 (PDN21). Cet événement, organisé par de nombreux acteurs de l’emploi, avait pour but de promouvoir les carrières dans le numérique. Contactée par ESTIMnumérique, j’ai partagé la scène avec l’adorable Sandrine DUBOIS (Art & UX Director) et Mélissa COTTIN pour l’animation. Dans ce double article, je reviens sur les points que nous avons discutés le 16 avril dernier.

Qu’est-ce qu’est le métier de DA, UI ou UX ?

Sandrine a d’abord présenté une facette de son métier, celui de Directrice Artistique ou DA. Le rôle du DA est de donner un chemin visuel cohérent et de guider ceux qui réalisent. Car oui, être DA c’est du lead et donner la voix pour suivre les opérationnels (designers, graphistes, etc.). Évidemment, dans une petite structure ou entreprise, le DA est chargé autant de la direction que de la réalisation. 

J’ai alors présenté rapidement le rôle de l’UX/UI Designer : être responsable des rendus des interfaces. Cela va du visuel d’un logiciel à celui d’une application mobile, en passant par tous autres écrans. Mais c’est une double casquette dont il est important de distinguer les deux faces.

L’UI (« User Interface » ou « interface utilisateur » en français) en est la partie la plus visible. L’UI Designer travaille sur comment mettre en place les interfaces, avec quelles couleurs, les espaces, les images, les textes, etc. L’objectif est d’avoir un rendu esthétique mais surtout de faire passer le message ou permettre de réaliser une action. C’est souvent la partie que l’on estime la plus créative, même si l’enjeu est aussi de rendre le tout visible et lisible.

Le cliché du designer illustré par une personne travaillant uniquement devant son ordinateur.

Le cliché du designer qui reste derrière son ordinateur, ce qui n’est pas entièrement faux © Faizur Rehman

L’UX (« User eXperience » ou « expérience utilisateur » en français) c’est réfléchir à comment faire pour que l’interface soit adaptée pour l’utilisateur. Les attentes, les besoins et les situations d’usage des utilisateurs sont différents en fonction du service. Par exemple, pour une solution de domotique, l’utilisateur sera confortablement installé dans son canapé. Alors qu’un patient sera alité et amoindri pour utiliser son produit. L’objectif est donc d’abord d’analyser l’utilisateur et le contexte pour ensuite penser et réaliser les interfaces en conséquence.

On travaille alors en co-conception avec toutes les équipes de façon itérative. On réalise, on teste et on corrige, c’est une boucle qui se répète sans cesse. Et la force de cette boucle, c’est de savoir se tromper au plus tôt pour trouver les améliorations. Lors de mes tests utilisateurs, j’aime leur demander de ne pas essayer de me faire plaisir. Ils sont là pour me remonter tout ce qui ne va pas et qui sera à corriger. Plus j’ai de choses à corriger en amont, plus on a de chances d’arriver à une solution qui fonctionnera au mieux à la livraison.

Finalement, nous avons rappelé avec Sandrine que l’UX permet de guider dans la prise de décision. Car avec les méthodologies de travail d’UX design, on ne conçoit pas pour soi, mais pour l’utilisateur. Ces méthodologies sont très scientifiques et expérimentales. Cela aide à prendre les bons choix pour ceux pour qui on design, d’où cette stratégie centrée utilisateur. 

La distinction entre les différents métiers du design : recherche, UX, UI et graphisme.

Un résumé de la distinction entre chaque discipline © Itziar DOMATO

Comment se mettre dans la peau de l’utilisateur ?

L’UX permet d’y voir plus clair et de ne pas concevoir pour soi mais pour l’utilisateur. Ce n’est pas une bataille d’opinion. La discipline d’UX Research (ou « recherche UX » en français) permet de comprendre les utilisateurs. Elle se base sur de la data et des données quantitatives, mais aussi avec des entretiens qualitatifs. Cela consiste à poser des questions, de faire des tests utilisateurs et d’échanger avec les usagers. Les outils permettent de faire la synthèse de toutes ses recherches. Le plus basique d’entre eux, le persona (un profil utilisateur fictif mais basé sur des données réelles), aide à voir les émotions et motivations des utilisateurs. On vient alors faire le lien avec la psychologie et la sociologie. 

Sandrine nous a présenté un très bon exemple de l’impact d’avoir pris en compte l’utilisateur. Dans le cadre de son entreprise LiLiKiWi, elle conçoit des produits d’hygiène pour des enfants de 3 à 8 ans. La cible principale est donc les parents de ces enfants. Mais Sandrine est elle-même mère de deux enfants, et a donc beaucoup tendance à se croire la personne ciblée. Un cas concret a été celui du choix des noms de produits. Sandrine était partie sur des noms avec des touches d’humour. Mais lors d’un A/B test où elle a présenté le même produit avec des noms différents, il s’est avéré que l’humour ne passait pas. Non pas qu’il n’était de bon goût, mais les utilisateurs attendaient quelque chose de sécurisant et informatif. Ainsi, l’UX et la recherche utilisateur ont permis de ne pas tomber dans l’erreur.

Un designer en pleines recherches sur les utilisateurs et leurs besoins.

Il faut toujours garder en tête l’utilisateur, c’est le rôle de l’UX Designer © Startaê Team

L’UX est-il né avec le numérique et continue-t-il à évoluer ?

Le métier de l’UI/UX est dans les tendances depuis plusieurs années (5-10 ans). Grâce principalement au numérique, on ne va pas se le cacher. Mais ce n’est pas un métier qui est né avec nos smartphones. D’autres terminologies étaient utilisées, mais la conception centrée utilisateur était déjà là. J’en discutais avec un designer de 20 ans d’expérience. Lorsqu’il a commencé sa carrière dans les années 2000, les méthodologies permettant de comprendre l’utilisateur existaient déjà. C’était des méthodologies scientifiques développées dans le marketing et l’ingénierie. Ce sont anciennement des métiers de l’ergonomie, qui ont beaucoup évolué, grâce au numérique. Je vous conseille l’article de Raphaël Yharrassarry du blog iErgo sur le sujet : Une petite histoire de l’UX

L’exemple de base pour comprendre cette démocratisation de l’UX, c’est celui des applications mobiles. Lorsque je crée une application en tant qu’entreprise, je veux que l’utilisateur reste longtemps dessus. Mais en tant qu’utilisateur, si une application ne me permet pas de faire ce que je veux, cela va aller vite. Je vais désinstaller l’application et en trouver une autre pour faire ce que je veux. Aujourd’hui le nombre d’applications et de services ont explosé, le choix est énorme pour les utilisateurs. Alors il faut apprendre à soigner son utilisateur si on ne veut pas qu’il aille à la concurrence.

Un des premiers ordinateurs Macintosh.

Est-ce que l’UX Design est arrivé avant ou après les premiers ordinateurs ? © Alexander Shatov

À quoi ressemble l’implication de l’UX dans une entreprise ?

Être UX Designer, c’est être en contact avec tout le monde et s’impliquer tout au long d’un projet. On est porteur de la voix de l’utilisateur à chaque étape de la conception. On est dans un maillage de communication avec tout le monde. L’objectif est de sortir d’un fonctionnement en silos où chacun fait son bout de chemin dans son coin.

Mon expérience passée chez HOPPEN est un bon exemple de cette transversalité. En tant qu’UX designer, je faisais partie de l’équipe marketing. Cela me donnait la vision du marché et de la concurrence. C’était surtout un élément clé pour connaître la stratégie de l’entreprise : ce que l’on souhaite faire ou non, ce vers quoi on veut s’axer en tant qu’entreprise. Évidemment c’était à moi d’apporter la connaissance des utilisateurs par mes recherches.

Avec cette immersion, j’aidais à concevoir les solutions avec l’équipe produit avec les PO (« Products Owners » ou « porteur de produit » en français). Le PO apporte la connaissance produit et technique, pendant que j’apporte celle du marketing et de l’utilisateur. La conception des fonctionnalités s’accompagne de maquettes (surtout en tant que UI designer). Les tests utilisateurs viennent valider ou invalider les hypothèses sur le produit. Puis le designer a un rôle d’accompagnement avec les développeurs. Il faut vérifier l’intégration de l’interface, identifier les cas particuliers et corriger les potentiels bugs. 

Vient ensuite le travail avec les équipes en contact avec le client et les utilisateurs. Le service de support et de SAV permet d’identifier ce qui n’est pas compris ou pas utilisé. Ce sont de réelles remontées terrains précieuses en UX Design. Mais c’est aussi travailler avec le service de Relation Client qui se charge de la satisfaction client.

L'interaction entre le designer et les services d'une entreprise.

Présentation de la boucle d’intervention de l’UX Designer avec les services d’une entreprise © Itziar DOMATO

Puis on repart sur une boucle d’amélioration continue. On identifie des problèmes grâce aux remontées terrains, alors on les améliore avec l’équipe produit. Dans l’air du numérique, on est dans un cycle infini d’amélioration, rien n’est figé. Et comme l’a rappelé Sandrine, les mises à jour permettent d’améliorer les produits en tout temps.

(presque) Conclusion

Une presque conclusion, puisque cet article fait partie d’un dyptique d’article. Après avoir discuté du métier de designer, nous avons parlé de comment devenir designer. Mais je ne vous en dit pas plus, la suite au prochain épisode 😉

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